Auteur : Chavrog
UN AUTRE HIVER
INOËL AU MÉTRO RÉPUBLIQUE
Les feuilles s'amassaient au dessus de
ma tête, et le vent groid rentrait dans l'escalier glaçé qui
marquait la frontière entre le monde exterieur et la grisaille morne
du métro parisien, à la fin des après-midi automnales. J'étais
assis là ou j'avais passé la nuit, à un mètre des marches, une
couverture grise comme seule réelle protection contre la fraîcheur
ambiante, et les secondes filaient,
minutées par le grincement des rails,
sans que les passants ne me lancent d'autres regards que la
condescendance et la haine.
Le gris devint rouge et le froid
tiédeur lorsqu'elle entra, tache de lumière vive dans ce monde de
graffiti plus bleus que mes yeux ou plus noirs que la nuit la nuit
sur les épaules de je-ne-sais quel enfant perdu quelque part dans le
monde, et tandis qu'elle descendait les escaliers, les murs se
repeignaient de folies colorés, ici des fleurs étoilés, des
animaux fous et des rosaces rouges, et là l'ombre de ses pas
énergiques. A ce moment là, je senti en moi que le passé avait
cessé d'exister, et c'est pourquoi je ne saurais vous dire ce que
j'ai vécu avant cette rencontre, et que le futur ne serait jamais
plus que l’éternelle continuation de cette folie rousse.
Elle s'arréta bien sûr à ma hauteur,
et lorsqu'elle se pencha pour glisser une pièce dans le chapeau qui
était placé devant moi, je compris que je devais dire quelque
chose...seulement je savais déjà que jamais je ne pourrais décrire
la douceur que cette jeune femme, qui devait avoir quinze ans de
moins que moi, j'en avais quarante, donnait au décor. Je balbutiais
alors « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, D'une
femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,Et qui n'est, chaque
fois, ni tout à fait la même, Ni tout à fait une autre, et m'aime
et me comprend. ».
Devant son silence et la conscience du
ridicule de ma situation, je m'empressais d'ajouter que c'était du
Verlaine, et que je m'excusais. Sa bouche fit un sourire pincé, et
ses yeux m'interrogèrent « mais quel drôle de bonhomme
es-tu ? ». Ses yeux me parlaient comme si j'étais un
enfant, et je ne savais quoi répondre. Visiblement intriguée et
déçue, elle commença à partir. « Je pense que c'est trop
long à vous dire ici, mademoiselle..
_Qu'il en soit ainsi, dit-elle, puisque
le métropolitain ne te conviens pas pour t'expliquer, suis-moi, et
raconte moi ton histoire. »
Cinq minutes plus tard, nous nous
étions ainsi à un bar rue Timbaud, nommé « Au chat noir ».
Le mur était vieux jaunes, le plafond usé et le mobilier semblait
sorti d'un autre âge. Elle avait commandé un café noir, et moi un
thé. Je me souviens que je racontais distraitement les causes de ma
présence dans le métro, et de ma passion pour Verlaine, mais comme
je vous l'ai déjà dis, je ne me rappelles plus du tout de ce que
j'ai vécu avant l'apparition de cette Rousse, qui m'avait par
ailleurs dit s'appeler Jinny, et je ne saurais vous en fair le récit.
Je pourrais vous raconter par contre la profondeur folle du reflet de
la fumée dans ses yeux gris, que je ne quittais jamais. Elle
semblait elle aussi me regardais, et je doute qu'elle n'est
réellement compris l'histoire qu'elle m'avait pourtant préssé de
dévoilée, comme si le narrateur était devenu plus intéressant
pour elle que la narration. Elle m'interrompit d'ailleurs « Son
regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine,
et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont
tues. » Il eut été inutile d'en dire plus. J'allais alors
payée l'addition avec l'argent qu'elle avait auparavant glissé dans
le chapeau, et nous sortîmes de ce bar, donc je revois souvent les
murs, et dont l'odeur flotte encore souvent devant moi, bien que je
ne sâche exactement ce qu'il s'y est dit, puis, nous retournions
dans le mordant ensoleillé de paris en Novembre.
Nous marchions tout les deux, à coté
des phares qu'une légère humidité commençait à embrumée. Nous
marchions tout les deux sur le bitume que la pluie mouillait
légèrement. Nous marchions tout les deux au milieu des passants que
l'averse faisaient se presser. Nous marchions tout les deux entre des
maisons masqué par le rideau de pluie. Nous marchions tout les deux,
parallèles au caniveau, que de Gargantuesque gouttes de pluie
emplissaient désormais. Nous nous mîmes alors à courir, pour
trouver le plus rapidement un abri. Une porte jaune apparut devant
nous, et nous y rentrions sans réfléchir.
La porte menait sur une pièce ou regnait un incroyable et tintinnabulant tintamarre. C'était une agence de tourisme, spécialisée dans les destinations italiennes. Elle était en forme de cercle, et je pu y voir les mots « Venise », « Messine », « Florence », « Gènes » et « Assise », chacun étant écrit sur un panonceau qui surplombait une porte, menant vers une pièce dont la vue nous était cachée par un rideau. Au centre de la pièce, trônait l'immense maquette du centre de Rome, de la Piazza del Popolo au cirque Maxime. Je ne connaissais pour ma part Rome que des films de Fellini, mais je rêvais de la voir en vrai. La maquette était fourmillant de petite figurines animées, qui courraient le long des rues, comme prisonnières d'une fourmilière trop petite pour elles. Ce spectacle était assez fascinant, car, pour moi qui n'avait ni voyagé, ni mis les pieds dans une agence de voyage, complètement inédit. Je me rapprochais de la maquette, et essayait de suivre un personnage, mais c'était missions impossible. Dès que mon regard se portait quelque part, il était attiré par un autre détail, ailleurs, et mon envie de voir la ville s'en trouvait décuplé. Je voulais connaître les histoires de tout ces lieux que je voyais et que je pouvais presque touhcher
La porte menait sur une pièce ou regnait un incroyable et tintinnabulant tintamarre. C'était une agence de tourisme, spécialisée dans les destinations italiennes. Elle était en forme de cercle, et je pu y voir les mots « Venise », « Messine », « Florence », « Gènes » et « Assise », chacun étant écrit sur un panonceau qui surplombait une porte, menant vers une pièce dont la vue nous était cachée par un rideau. Au centre de la pièce, trônait l'immense maquette du centre de Rome, de la Piazza del Popolo au cirque Maxime. Je ne connaissais pour ma part Rome que des films de Fellini, mais je rêvais de la voir en vrai. La maquette était fourmillant de petite figurines animées, qui courraient le long des rues, comme prisonnières d'une fourmilière trop petite pour elles. Ce spectacle était assez fascinant, car, pour moi qui n'avait ni voyagé, ni mis les pieds dans une agence de voyage, complètement inédit. Je me rapprochais de la maquette, et essayait de suivre un personnage, mais c'était missions impossible. Dès que mon regard se portait quelque part, il était attiré par un autre détail, ailleurs, et mon envie de voir la ville s'en trouvait décuplé. Je voulais connaître les histoires de tout ces lieux que je voyais et que je pouvais presque touhcher
« _Efficace, hein ? Me dit
Jinny. Ça donne vraiment envie d'y aller, hein ?
_J'ai toujours révé d'aller à Rome,
mais je n'ai jamais eu assez d'argent, lui répondis-je sans quitter
des yeux la maquette. Soudain, un petit soubresaut inhabituel attira
mon œil...je me plaçais au dessus de la basilique d'ou j'avais cru
voir venir l'irrégularité. En effet, une figurine sautait. C'était
un homme d'âge moyen, au teint bronzé. Il portait un veston bleu et
une malette dans la main gauche. Rien ne le distinguait des autres,
mais pourtant...je pris conscience à ce moment que chacune des
figurines était unique, ou du moins toutes semblaient être peintes
différement...pourquoi celle-ci clochait-elle ? Encore un
soubresaut, puis un autre, puis trois, quatres...soudain, un
mouvement fut plus brusque que les autres, et cette figurine en
accrocha une autre. Celle-ci fit tomber une voiture, qui sorti de ses
rails pour rentrer dans la basilique, qui s'écroula sous le poids,
faisant ainsi se renverser d'autres lieux, d'autres hommes, et par
une réaction en chaîne, toute la ville était en train de se
détruire, sous mon regard horrifié.
Jinny me prit par le bras, et me fit
sortir en courant...je lui balbutiais que je n'y étais pour rien,
mais elle me répondit qu'il ne valait mieux pas rester là, et qu'on
pourrait l'accuser à tord. Un vendeur sorti justement du magasin, et
je n'eu pas le temps de constater que la pluie avait cessé que je
commençais ma course folle dans ce début d'hiver parisien. Je peux
encore vous raconter que nous avons couru jusqu'à la porte, et qu'au
moment de se quitter, je ne sus quoi dire. Elle me demanda ou
j'allais dormir cette nuit là, et c'est ainsi que commença notre
vie commune.
II L'HIVER DANS UNE BOULE A NEIGE
Je me réveille sur le canapé, je
m'étire, et fais une toilette rapide, puis je saute sur le sol.
J'entends la rumeur de mes maîtres qui discutent dans la pièce d'a
coté, mais je reste assiss là, à marcher à quatres pattes sur le
couloir qui mène du salon à la porte d'entrée. Nous sommes lundi,
et l'horloge indique 6 heures et demi. Ma maîtresse va donc quitter
l'appartement d'ici cinq minutes pour ensuite longer la rue Lahaye,
dans notre banlieue est de Paris, prendre le métro direction
république, et se perdre dans les méandres du sous-sol parisien. En
attendant, elle discute tranquillement dans la cuisine. Je continue
ma route vers la porte d'entrée, et saute jusqu'à la boîte aux
lettres, en l'ouvrant d'un coup de patte, et une enveloppe en
dégringole. Je les prends dans ma bouche, et me dirige vers la
cuisine avec la satisfaction du devoir accompli.
Au moment ou je rentre dans la pièce,
ma maîtresse en sort en se dirigeant à toute vitesse vers la porte
en faisant claquer ses talons comme elle seule peut le faire, et je
me retrouve en face à face avec mon maître. Je saute sur la table,
et lui tends les enveloppes, qu'il prend en me gratifiant d'un petit
« merci Paul ». Paul c'est mon nom. Ils ne m'ont jamais
expliqué pourquoi. Je crois que c'est ma maîtresse qui à choisi ce
nom. Bref. Mon maître, qui ést déjà un homme d'une soixantaine
d'année, ouvre sa lettre, et la lis attentivement. A la
décomposition progressive de son visage, je vois qu'il ne va pas
bien. Tout d'un coup, il se lève, et froisse la lettres, la jette
sur le mur, puis la ramasse, et la déchire en confettis, qu'il lance
dehors, comme pour faire se mêler son malheur, dont je ne
connaissais pas encore la raison, quoique je la redoutais, avec la
neige.
Il reste assez longtemps assis à la
fenêtre, au point que le froid vient envahir toute la pièce. La
neige s'infiltre délicatement dans l'appartement, qui ressemblait
désormais à ces petites tour Eiffel que l'on emprisonne dans des
dôme de verre, et qu'on remue par nostalgie. Mes moustaches se gèle
peu à peu, et mes membres s'engourdissent, au point que je doivent
me mettre en marche vers la source de chaleur la plus proche, lui
même. Quand il me sent contre ses cuisses, mon maître se baisse, et
me prend dans ses bras, puis ferme la fenêtre, m'emprisonnant avec
lui, et les flocons. Il se dirige vers son armoire, me tenant
toujours dans les mains. Il en sort une vieille bouteille de whisky,
et un verre, qu'il commence à remplir, mais sa main se met à
trembler.
D'un coup, il lâche le verre, qui va
s'éclater par terre, en milles petits flocons. La plus part
rebondirent sur le mur, mais l'un deux s'encastre, et fait un petit
trou dans le papier peint, qui se déchire un peu. Cela m'intrigue,
et visiblement mon maître aussi. Il se baisse alors, et commence à
déchirer le papier peint. On distingue un trou, et mon maître y
passe sa main, et je comprends alors par un haussement de sourcil
qu'il a trouvé quelque chose inattendu. En effet, il sorti du trou
avec un livre à la main, un carnet plus exactement, rouge et gris,
reliés et un petit peu jaunis. Mon maître le compulse
frénétiquement, puis me regarde « Tu sais ce que c'est, ça,
Paul ? C'est le journal intime de ta maîtresse quand je l'ai
rencontré... ». Il se remet tout de suite à sa lecture,
pendant que j'examine le journal, qui est assez fin, une quarantaine
de page tout au plus....il tourne les pages, une par une, toujours
attentif, parfois ému, souriant, nostalgique, mélancolique surtout,
puis arrive à la dernière page...je ne sais pas vraiment pourquoi,
mais il se met à la lire à voix haute « ...ça fait
maintenant deux semaines que je vis avec lui, et je clôture ce
journal, le dernier de tout ceux que j'ai écris, car je sens que le
début de ma vie est fini, et qu'à l'hiver suit le printemps. Je
cache donc ce journal la ou personne ne le verras, ou peut-être plus
tard quelqu'un que je ne connaît pas, qui sait, peut-être même
moi, ou lui, quand nous aurons changer... »
Alors, mon maître va chercher un
carton, et met le carnet dedans. Il le referme, puis semble hésiter.
Alors, il va chercher un papier, et se mit à écrire. Il referme le
carton avec un ruban rouge, et glisse le papier dessus. Alors, il
retourne à son armoire, et sors un autre verre. Il se ressert du
Whisky, et je remarque qu'il ne tremble plus, je suppose donc qu'il
va mieux. J'attends qu'il s’assoit, pour me lover dans ses genoux.
J'y ait chaud, et j'oublie quelque secondes l'hiver glaciale de la
rue Lahaye. Je me blottis contre son ventre au point que j'ai
l'impression de faire parti de lui. C'est alors que je la sens. La
première goutte, qui me glisse sur le dos. Puis une autre, qui suis
le même sillon salé dans ma chaire...je sens alors les sanglots,
sur le ventre de mon maître....les larmes s'évapore, et forme un
petit nuage aussi noir que mes poils, et ce petit nuage se met à se
balader dans la pièce, tandis que mon maîtres et moi restons
immobiles, de statue de sel, que le sel abîme. Soudain, comme si le
nuage éclatait en un terrifiant orage, mon maître me prends dans
ces bras, et me pose sur la table. Il souris, et me dit « moi,
je voulais t'appeler Rome ». Alors, il se dirige vers le mur,
le même dont à été extrait le carnet, et en déchire un autre
bout de papier peint, à seulement quelque centimètre d'écart. J'ai
à peine le temps de comprends ce qu'il en sort, qu'il à déjà
tiré, et que mon maître est étendu, raide mort, sur le sol de
l'appartement.
L'immeuble prends soudain feu, et le
bruit éclate de partout, comme si l'écho du coup de feu, au lieu de
le faire disparaître progressivement, en emplissait le bruit.
J'entends des portes qui claque, des cris, je vois qu'on s'acharne
sur ma porte, qui fini par céder...tout le monde hurle et cris,
autour du cadavre de cet homme mort en silence...puis vient ma
maîtresse, qu'un des voisins auras probablement appelée. Au moment
ou elle rentre dans la pièce, tout le monde se tait, et s'éloigne
du corps. On range les appareils photos, et stoppe les conversations.
Tout le monde quitte la pièce, et la laisse seule devant l'homme
qu'elle aimait. Elle ne peut s'approcher, et s'appuie sur la table,
sans quitter mon maître des yeux. Elle y pose sa main, qui rencontre
par hasard le paquet. Elle détourne alors son regard, et sans bruit
en retire le papier. Je me rends compte alors qu'elle n'est pas aussi
jeune que je le pensais, et que les rides de son visage avouent ses
quarante ans.
Elle se mit à parler, et sa voix
résonnait dans le silence désormais total de l'immeuble, un silence
aussi froid que les flocons, qui continuaient à voler inlassablement
sans que je ne m'en sois rendu compte, alors que le nuage s'était
lui évaporer. « J'ai déjà dis tout ce que j'avais à dire
dans le carton en-dessous, aussi, je ne te dirais pas grand chose.
Que tu me comprennes, je ne me suis pas suicidé parce que je n'étais
pas bien avec toi. Mon entretien d'embauche à encore raté. Je viens
de recevoir les analyses d'un examen que j'ai passé il y à deux
semaines, et je ne t'avais pas prévenu pour ne pas t'inquiéter. Je
suis malade, et déjà vieux. Je sais que j'allais mourir, mais
l'agonie aurait été longue, et horrible pour moi, et surtout pour
toi. Je ne pouvais pas payer moi-même, et tu aurais du t’endetter.
Sois heureuse, et fais ce que tu veux de ta vie, mais ne la gâche
pas comme tant d'autres, en vivant dans mon souvenir. Visite Rome
pour moi, s'ilteplaît, et va sur ma tombe me dire comment c'est
beau, et si tu a croisé l'homme en costard bleu de la maquette. Tu
ouvriras le paquet quand tu penseras que c'est le bon moment, mais ne
te précipite pas, s'ilteplâit. Je ne sais pas quoi te dire
d'autres, et Verlaine n'a jamais écris d'assez beaux vers pour te
dire ce que je ressens, alors adieu. »
Et ma maîtresse repose le papier, et
ne dit plus rien. Elle pense sûrement à ce que sera son futur, et à
Rome bien sûr.
III) L'HIVER EN ATTENDANT ROME
Je refermerais
la portière. C'est sûr. Lorsque mon chat serait mort, je
refermerais la fichue portière du camion blanc en noir dans lequel
j'entrerais puisque son conducteur m'auras pris en Stop. Je serais
partie de Paris au début de l'hiver prochain, puisque ce pauvre Paul
n'en a plus pour longtemps. Paul, c'est mon chat, je ne sais pas si
je vous l'ai déjà dit, enfin bref.
Quand Paul
mourras, pour accomplir la dernière volonté de mon mari. Il voulait
voir Rome, mais n'a jamais pu, d'abord empêché par sa naissance
trop pauvre, puis par sa vie trop pleine, et enfin par sa mort trop
pressée. Il m'a écrit une lettre, juste avant de mourir, ou il me
disait d'aller à Rome. Alors cette après-midi d'hiver, je monterais
dans le camion blanc. Le chauffeur me regardera et me demande ou je
voudrais aller, alors je lui dirais de ma voix vieilli trop vite par
le deuil -j'entends par là que les gens me donnent soixante-dix ans
alors que je leur en rend trente en monaie. J'ai vécu peu avec lui.
Au final,
j'aurais passer plus de temps avec Paul. Paul c'est mon chat, je ne
sais plus si je vous l'avais déjà dit. J'oublie un peu je crois, la
seule chose que je garde en mémoire, c'est ce jour d'hiver ou je
monterais dans ce camion blanc, ou le chauffeur me demanderas en me
regardant ou je voudrais aller et que je lui répondrais « Rome ».
Il me diras que
c'est son chemin, du moins au début, alors je le suivrais. Alors, il
seras intrigué, et me demanderas ce qui amène une femme de mon âge
à faire du stop, et je ne le reprendrais pas sur mon âge, j'ai
l'habitude maintenant. Puisque la terre m'a fait vieillir, à quoi
bon vouloir mourir jeune ? Je ne répondrais pas tout de suite
au camionneur, alors il démarreras, mais garderas le sourire,
puisqu'il m'aimeras bien.
La banlieue
parisienne commencera à défiler, grise comme peut l'être un
après-midi d'hiver. Alors, ce gris me fera penser à Romain, mon
mari, au gris du béton sur lequel je l'ai rencontré. Qu'est-ce
qu'il faisait froid ce jour là. Il feras sans doute chaud dehors,
mais je serais à l'abri des morsures dans le camion.
« Je vais
à Rome ». Dirais-je, alors, il croira que je perds la tête et
ne poseras plus de question, mais ne perdras pas ce sourire. Je
chercherais mes mots. « Je vais voir mon mari. »
Il me demanderas
si mon mari habite à Rome. Bien sûr, je lui dirais que mon mari
s'appelle Romain, et qu'il est mort. Comme il seras curieux, le
camionneur me demanderas de quoi, alors je lui dirais que je ne veux
rien dire, que ce genre de chose sont privées et que seules ce qui
les vivent peuvent les savoir. Alors, je sortirais de mon sac le
carton que Romain m'avait laissé quand il mourrais. Je l'ouvrirais,
et j'y redécouvrirais le carnet que j'avais enfoui derrière un mur
de notre appartement, je sais qu'il y seras puisque j'ai vu qu'il
n'était plus dans sa cachette, et que seul mon mari, ou Paul, avait
pu trouver cette cachette. Je lirais mon journal alors, et le
camionneur ne poseras toujours pas de question. Au bout d'un moment,
je lirais à voix haute, sans que le camionneur ne parles. »
...ça fait
maintenant deux semaines que je vis avec lui, et je clôture ce
journal, le dernier de tout ceux que j'ai écris, car je sens que le
début de ma vie est fini, et qu'à l'hiver suit le printemps. Je
cache donc ce journal la ou personne ne le verras, ou peut-être plus
tard quelqu'un que je ne connaît pas, qui sait, peut-être même
moi, ou lui, quand nous aurons changer... »
Le camionneur ne
pourras plus tenir sa curiosité, et me demanderas ci se « il »
est mon mari. Je lui raconterais alors qui mon mari était, et
comment il était mort, puisque ce chauffeur me plairas aussi.
Je lui dirais
que mon mari voulait voir Rome, et que je devais le faire pour lui.
Alors, le
camionneur se retourneras vers moi, et me diras « Je ne vous
comprends pas. Pas vous, Madame, mais vous tous. Pourquoi honorez
vous un mort, et ne vivez pas le présent ? Pourquoi cherchez
vous à suivre le chemin qu'un mort à tracé pour vous par égoïsme,
alors que la bienveillance aurait voulu qu'il ne vous donne aucune
route. Pourquoi aller à Rome ? Tenez, vous voulez savoir ou je
vais ? A Istanbul, pourtant, personne ne me demande d'y aller.
Je suis au chômage, mais je continue à rouler, sans réfléchir. Je
n'ai plus de loyer à payer, et je fuis les huissiers, alors je paye
l'essence. »
Je répondrais
que j'aimais mon mari, et me tairais. Nous continuerons notre périple
vers le Sud dans le silence total, parce que n'aurons plus rien à
nous dire. Puis, nous nous arrêterons dans une station-service
gelée, ou le froid sera vivifiant. Il mangeras en silence adosser à
son camion, tandis que je relirais le journal de ma jeunesse.
« Vous
voulez que je vous dise ? Votre histoire, elle me rappelle ce
que m'a dit mon cousin, hier. Il tient un bar, à Paris, qui
s'appelle « Au chat noir »...et bien il a vu rentrez un
clochard, accompagné d'une jeune fille au cheveux roux, et ils ont
bu tout les deux. Mon cousin n'a rien dit, mais il les a entendu, et
le clodo à raconter son histoire, puis ils ont dit de beaux mots,
mais mon cousin ne les a pas remis...il à dit que ça parlais de
regard de statue... comme quoi, vous voyez madame, la vie se répète,
et vous seriez à la place de mon cousin, vous n'auriez pas souhaiter
à l'un de finir sa vie dans l'illusion du rêve de l'autre. »
Je me mettrais à
sourire doucement, et cette lumière n'échapperas pas à mon
interlocuteur...il me regarderas alors, et diras de sa voix
« Vous
allez bien à Istanbul, c'est ça ? »
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